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Comment je suis passée de la méfiance à la confiance en mon corps.

De lecture en discussion, de rencontre en découverte, force est de constater que l’on ne nous fait pas confiance et que nous ne nous faisons pas (assez) confiance.  J’aimerais rester dans les sphères de l’accouchement et du maternage, celles qui occupent mon quotidien depuis presque 3 ans maintenant, et sûrement encore pour longtemps 😉 Je vais même, dans ce billet, n’aborder presque que la question de l’accouchement… je me relis et c’est déjà bien assez long comme ça 😉

La maternité m’a amenée à avoir une vision beaucoup plus intérieure, plus physique, plus dans le senti des choses, des événements, de la vie en général.

Porter la vie, mettre au monde un enfant, alimenter mon bébé de mon lait, tout ceci m’a amenée dans un territoire parfaitement inconnu (ou presque) jusque-là pour moi : mon corps. Et je dirais même plus : mon corps dans toute sa perfection, dans toute sa splendeur ! Parce que, oui, mon corps est devenu mon meilleur ami, mon meilleur allié.

Pour être passée pas 9 années de boulimie, je pensais connaître mon corps, d’ailleurs, je le connaissais tellement bien que je m’en méfiais, il n’était (et ne serait jamais) comme je le voulais, comme je le fantasmais ; mais bon, il fallait bien que je fasse avec. Je m’étais, en quelque sorte, résolue à, au moins, le respecter, à arrêter de lui faire du mal (et donc de ME faire du mal). Mais, de là à le considérer, à l’admirer, fallait pas exagérer !

Puis, je suis tombée enceinte, une belle grossesse, non sans quelques passages inquiétants (des gros saignements en début de grossesse et une fin de grossesse avec un bébé en siège, j’en parle ici), mais, j’ai aimé ça porter la vie en moi.

L’accouchement a été un tournant décisif dans ma vie : c’est ce jour-là que j’ai dû « capituler », « enterrer la hache de guerre », l’allaitement n’est venu, par la suite,  que confirmer ceci : mon corps est mon meilleur ami, il sait faire tellement de choses magnifiques et qui marchent que Moi (Aurélie, la fille intelligente  à l’ego démesuré, qui a fait des études, a le sens de l’humour, réfléchit, explique, rationnalise, analyse, etc.) ne sait absolument pas faire !! Et oui, s’il avait fallut que j’accouche avec toutes mes connaissances apprises (et je suis accompagnante à la naissance) et bien, ça aurait été un fiasco, le plus bel échec de ma vie sûrement. Heureusement, mon corps a été assez fort, a su s’affirmer et se frayer le chemin en Moi pour faire son travail et le faire tellement bien que je n’en reviens encore tout simplement pas 23 mois plus tard ! D’ailleurs, pendant mon « travail », le moment où mon mental a repris le dessus, j’ai arrêté de dilater… C’est simple j’vous dis, ça aurait été un fiasco cet accouchement si j’avais laissé ma tête contrôler.

Je pense que je partais quand même avec un bon point (pour cela, merci maman !) : je n’avais pas peur d’accoucher. J’avais vu, comme vous sûrement, des scènes de films (d’horreur) où la femme qui accouche a quasiment l’air de frôler la mort, la fièvre, elle sue à grosses gouttes et hurle… Mais, au fond de moi, revenaient toujours les paroles de ma mère concernant ses 3 accouchements (naturels, je suis d’ailleurs née en postérieur avec 2 tours de cordons) : « Mais, ça ne fait pas mal d’accoucher, ce n’est pas vrai. D’ailleurs, disait-elle souvent, à mon époque on parlait du mal joli en parlant des douleurs de l’accouchement ».

Donc, je n’appréhendais pas cette douleur de l’accouchement comme d’autres, ça, j’ai conscience que ça m’a aidée ! Mais quand même, mon mental hyperactif en a pris un coup ce jour-là, il n’a pu que constater (rétrospectivement, bien sûr) qu’il n’avait pas sa place dans une salle d’accouchement !

J’aurais pu refuser de laisser faire mon corps, vous me direz, oui, j’aurais pu. Mais, lorsque LA contration est arrivée (vous savez, celle dont on vous dit « tu verras, tu sauras quand ce sera le moment !!), j’ai paniqué.

J’ai bondi hors de mon lit, je me suis retrouvée dans ma chambre, hébétée, perdue, me demandant ce qui m’arrivait, ce que je devais faire, etc. et Oh mon Dieu que j’avais mal !!! Mais là, vu que je ne savais pas quoi faire, je me suis dit « ma vieille, tu ne sais pas quoi faire parce qu’il n’y a qu’à laisser faire ; ton corps connaît son travail, toi, le tien c’est de le laisser le faire. » Un peu comme s’il y avait Aurélie et, à côté, son corps… bon, et bien, je ne vous raconterai pas mon accouchement, mais, vraiment, je peux vous assurer que toutes mes cellules ont fait leur travail avec merveille, et sans que j’intervienne !!

Comme je le disais plus haut, l’allaitement est venu confirmer ce que je commençais à penser : mon corps est savant, il m’enrichit de toutes ses ressources que moi, avec mon cerveau intelligent, je n’ai pas ! Imaginez-vous que j’ai nourri mon bébé pendant 6 mois, 6 mois pendant lesquels ma fille n’a eu besoin d’aucune autre forme de nourriture, non mais, c’est MA-LA-DE :  mon corps a fait ça, je n’en reviens encore toujours pas ! Et je vous passe tous les autres bienfaits de l’allaitement, ce billet serait bien trop long.

Bref, les filles, votre corps est une merveille, comme vous il n’est pas parfait, mais, si on a bien un allié, c’est bien lui. Alors, redonnons-lui la place qu’il mérite, chouchoutons-le, écoutons-le et, surtout, quand on accouche : laissons-le faire !

 

PS: j’ai bien conscience que nous vivons toutes nos accouchements très différemment, tout comme notre relation à notre corps est propre à chacune.. je suis curieuse de vous lire à ce sujet !

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Grossesse, accouchement, allaitement: avons-nous vraiment le choix?

Je me risque à aborder un sujet qui dérange, qui enflamme les conversations, un sujet qui touche à l’intime, à notre relation à notre corps, qui fait appel aux émotions, bref, à un sujet passionnant !

Pour ceux et celles qui ne l’ont pas encore lu, je vous invite à aller consulter ce billet de blogue « Ah, tu le portes encore dans ton ventre?« . C’est sa lecture qui m’incite à retrouver le chemin de mon blogue, délaissé depuis de (trop) longs mois.

In uteroTout comme l’allaitement a été pendant des millénaires la condition sine qua non pour nourrir son bébé, voire même son petit enfant, le porter dans notre utérus, à nous les femmes, est aujourd’hui encore, l’unique solution pour avoir un bébé. La même chose avec l’accouchement vaginal, la césarienne est très jeune dans l’histoire de l’humanité (mais, je ne souhaite pas parler de césarienne ici, j’en ai déjà parlé dans un précédent billet).

Aujourd’hui, j’entends très souvent dire « j’ai choisi de ne pas allaiter. » Parce que, oui, c’est vrai qu’aujourd’hui on a le choix d’allaiter ou non notre nouveau-né. Maintenant, si on demandait au bébé son avis, ou tout simplement si on désire offrir le meilleur à son bébé, l’option à choisir est, sans équivoque possible, l’allaitement maternel (je ne parle pas des cas où une maladie peut être transmise au bébé – VIH, par exemple ou encore des situations où la mère prend des médicaments non compatibles avec l’allaitement). L’allaitement est la suite logique de la grossesse et de l’accouchement, d’un point de vue physiologique/hormonal, le bébé humain est fait pour téter le lait de son espèce et le lait maternel est la meilleure alimentation qui existe pour nos bébés. Bon. Allaiter est donc bénéfique pour le bébé, mais aussi pour la mère. J’apprenais d’ailleurs dernièrement que l’allaitement protège de l’obésité (à la ménopause) la mère qui a allaité…. pas mal vendeur ça je trouve, peut-être même plus que « L’allaitement, c’est glamour. » Passons.

Qu’en est-il de la grossesse ? Aujourd’hui, quand je sonde mon entourage et les personnes croisées au hasard, toutes ou presque, me disent, « un utérus artificiel? bin voyons? »
Mais, c’est qu’on en est encore à la phase de recherche; donc, personne n’a commencé à vouloir nous vendre l’idée, à nous les femmes, que porter bébé ou non est un choix possible désormais (et, évidemment, que c’est pareil pour le foetus, franchement évidemment!). Lorsqu’il est sorti, j’ai acheté (et pas encore terminé) le livre « Le désenfantement du monde; utérus artificiel et effacement du corps maternel », de Sylvie Martin, desenfantementMondeparce que ce sujet me touche très très profondément… oui, aujourd’hui avec les fécondations in vitro et les naissances de grands prématurés, il ne reste « que » quelques mois durant lesquels un foetus est encore obligatoirement dans un utérus maternel. Je suis tellement triste que l’on réduise la participation des femmes dans le processus de la grossesse à leur utérus. Porter un enfant, pour celles qui ont vécu une grossesse, et bien plus qu’avoir un utérus qui « marche ». Tout ce que vit la mère lorsqu’elle porte son enfant est vécu, partagé, transmis au foetus par l’intermédiaire des hormones, des paroles, et de tout ce qui fait ce qu’est la vie !

Je suis heureuse que les FIV existent pour les couples qui désirent avoir un enfant et ne peuvent pas en avoir naturellement et je suis heureuse pour les grands prématurés qu’ils puissent vivre (quand ils s’en sortent sans de trop multiples handicaps). Là n’est pas la question.
Ce que je questionne est notre société de consommation, celle qui nous fait croire que tout est possible et que ce qu’elle nous propose va nous rendre heureux, encore plus heureux, encore plus plus heureux.

Je sais que certaines femmes ont détesté porter leur bébé, ont détesté l’idée même d’allaiter ou ont essayé et finalement opté pour les préparations commerciales. Je ne veux pas me les mettre à dos. Une chose dont je suis intimement persuadée et que notre histoire à chacune, notre vécu et la relation que nous avons à notre féminité et notre corps a un impact direct sur nos réactions face à la grossesse, l’accouchement et l’allaitement. Travailler sur ces blessures, ces deuils, etc. est un cadeau à nous offrir et à offrir à nos bébés, à nos enfants.

Je veux juste exprimer mon désarroi: on nous vend du rêve, de la perfection, on nous offre « le meilleur pour nos enfants à bas prix » (vêtements, activités d’éveil, conseils, jouets, formations, etc.), mais tout ce que la nature a prévu, peaufiné pendant des milliers d’années, choisi avec amour et logique pour que notre espèce puisse évoluer… tout ceci est complètement mis au placard, nié ou copié soit-disant en mieux. C’est là que l’on passe à côté du, bien souvent, meilleur choix pour nous et nos enfants sur le long terme.

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Masser son bébé, plus qu’une technique

Je reviens de 4 jours passés à Montréal, au centre La Source en Soi, où j’ai participé à une formation pour devenir instructrice certifiée en massage pour bébé de l’IAIM (International Association of Infant Massage). Mon processus de formation est en cours et mon stage pratique début sous peu, à Ste-Agathe.

Ce cours vidéo explique rapidement les bienfaits du massage pour les bébés.

Même si j’avais suivi le cours en tant que maman, cette formation m’a nourrie, m’a ouvert les yeux et m’a outillée. Ces outils, ces prises de conscience, elles ont d’abord touché la mère en moi avant l’instructrice. Comme j’en avais parlé plus tôt dans un billet,  l’IAIM ne forme pas seulement à une technique de massage, mais bien à accueillir la dyade  parent-bébé, à favoriser l’établissement d’un lien d’attachement fort et unique entre eux et de montrer au parent combien il est compétent et la meilleure personne au monde pour prendre soin de son petit.

Dans notre monde où l’on sait tout sur tout (mais où personne ne sait plus rien s’il n’a pas fait une formation, un doctorat, etc. sur n’importe quel sujet qui soit, et qui va se tourner vers les experts), s’il y a bien une personne qui connaît et est à même de comprendre son bébé, c’est bien la mère ou le père de celui-ci ! Alors, bien sûr, l’instinct occupe une grande place dans la relation que l’on établit, qui s’établit devrais-je même dire, entre nous et nos bébés, et cet instinct, et bien, il est difficile de l’expliquer, le prouve scientifiquement.

L’IAIM forme des instructeurs qui placent les parents comme les experts de leurs bébés pour que les bébés se sentent compris et écoutés pour ce qu’ils disent et ce qu’ils sont. L’instructeur, lui, favorise, accueille et redonne leur pouvoir aux parents!

Je tiens à remercier toutes les belles femmes qui étaient présentes à la formation avec une mention toute spéciale à Françoise Lefebvre qui est une formatrice exceptionnelle, une de ces personnes qui met en pratique ce qu’elle enseigne; un bel exemple à suivre !

J’ai bien l’intention d’ouvrir de tels espaces de partages pour les parents et bébés de un an ou moins et  aux parents et enfants à besoins particuliers (jusqu’à 7 ans) dans les Laurentides. Je pense offrir ces ateliers à l’automne à St-Jérôme, Ste-Adèle et Mont-Tremblant… plus de détails à venir.

 

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Petit parallèle entre l’enfant et la femme qui accouche

Mercredi passé, lors d’un des mercredis de Pleine lune, j’assistais à une rencontre avec Joël Monzée de l’Institut du développement de l’enfant et de la famille (IDEF). La thématique « Soutenir et accompagner nos enfants au quotidien » avait de quoi m’intéresser…jeune maman, je me pose mille et une questions et suis à l’affût, non pas de recettes toutes faites (quoique, des fois oui!), mais bien d’information, de connaissances pour mieux comprendre et ainsi pouvoir prendre des décisions, guider ma fille et…négocier avec mon conjoint ;-).

BebTOmbeDans les notes que j’ai prises durant cette riche matinée, je retiens que l’enfant a deux besoins fondamentaux qui sont: le besoin d’être en lien et le besoin de se réaliser (c’est-à-dire le besoin de se séparer)…ça pourrait paraître contradictoire, mais, dans la pratique c’est déjà ce que j’observe chez ma fille: elle a besoin de nous pour tout un tas de choses tout en ayant besoin de faire ses propres expériences par elle-même. Et je suis intimement convaincue que si elle doutait de notre disponibilité, de la confiance que l’on a en elle, elle serait moins assurée, plus timide à s’essayer, à tenter de nouvelles choses, de peur de tomber et de n’avoir personne pour la rattraper, la consoler, la rassurer.

Et bien, la femme qui accouche a, me semble-t-il, ces mêmes besoins fondamentaux: elle a besoin de se sentir en lien, de ne pas se sentir seule ni abandonnée afin de pouvoir accoucher par elle-même, selon ce que son instinct, son intuition lui dictent comme position/respiration, sensation, etc. Tout le défi pour l’entourage d’une femme en travail, c’est bien d’être là, confiant, tout en la laissant faire, tout en lui laissant la possibilité d’accoucher. On le dit, j’en ai parlé dans ma recherche, la femme qui accouche a besoin de se sentir en sécurité pour libérer les hormones nécessaires à l’accouchement. Or, pour se sentir en sécurité, rien de tel qu’une personne aimante et qui a confiance en les capacités de la mère à mettre au monde son enfant. Cette personne peut être le conjoint, mais peut aussi être une femme qu’elle connaît et qui la connaît, qui a elle-même accouché et pourra être son piller/ son phare pendant les moments les plus intenses où la confiance peut flancher, la peur peut surgir, etc.

Sculpture de Christian Borsotti

Sculpture de Christian Borsotti

Ainsi, ce lien est nécessaire à la parturiente tout autant que le besoin de celle-ci d’être libre. Libre de ses mouvements, libre de respirer comme elle le sent, de boire/manger, libre de parler, chanter, crier, mugir, vibrer, transpirer, rire, etc. Libre pour réaliser ce que personne d’autre ne peut mieux faire qu’elle dans ce moment de sa vie de femme: celui où elle va devenir la mère du bébé qui arrive. En mettant au monde son bébé, en donnant la vie, la femme qui accouche s’enrichit d’une expérience, d’une compétence que personne ne pourra lui reprendre. Elle continue d’ajouter à son panel déjà riche de savoirs, savoirs-être et savoirs-faire une expérience nouvelle et unique qui ne pourra que la conforter dans son instinct: elle a pu porter et mettre au monde son enfant, elle le connaît mieux que quiconque et a toutes les « compétences » pour prendre soin de lui et l’élever.

Ainsi, assurons à nos enfants une relation saine qui leur permettra de s’envoler confiants qu’on est là pour eux en cas de besoin,de la même façon qu’il est de notre devoir, en tant que société, d’entourer nos futures mamans d’assez de confiance en leur capacité de mettre au monde leur enfant pour qu’elles puissent le faire comme elles le sentent, comme elles savent si bien le faire depuis la nuit des temps.

PS: Joël Monzée offre un atelier d’une journée « Soutenir le développement de nos enfants » qui risque bien d’être fort instructif !

sculpture: http://www.artabus.com/borsotti/accouchement

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Mal de l’accouchement ou peur de la naissance?

cigogne-naissanceVaste sujet, n’est-ce pas. J’ai néanmoins envie de jaser de ce qui me tient à cœur en tant qu’accompagnante à la naissance.

Quand j’entends une maman enceinte qui a peur d’accoucher, qui redoute l’accouchement, ou encore qui ne veut pas accoucher, j’ai envie de lui suggérer de ne pas séparer « accouchement » de « naissance »; sa naissance à elle en tant que mère de cet enfant (qu’il soit le premier ou non) et la naissance, évidemment, de l’enfant. Il me semble que si l’on considère l’événement accouchement à la lumière de « la naissance », toute une dimension, souvent trop occultée, est à considérer.

L’idée n’est pas de nier que le travail peut être intense, mais bien d’insister sur ce qu’il se passe également du côté de la naissance (ce qui, et de loin, a un impact beaucoup plus large dans une vie de femme).

Pendant qu’elle accouche, une femme a besoin d’être entourée d’amour et de silence. Dans ce passage si fort de sa vie, le plus grand d’après moi, l’aspect physique a, certes, de l’importance, mais son pendant psychologique (la naissance comme début de quelque chose) ne doit être passé sous silence et, en aucun cas, ne peut être anesthésié par une épidurale.

Ce qui peut faire peur (et donc mal) à la femme qui est en train de laisser passer son bébé en elle, c’est toute la nouvelle réalité de sa vie, encore inconnue, mais qui est à deux doigts de changer à jamais:
C’est toute son histoire qui change, qui prend une nouvelle direction encore inconnue.
C’est sa lignée tout entière qui en est modifiée pour toujours.
C’est sa famille proche qui s’agrandit.
C’est son couple qui devient famille.
C’est son cœur qui s’enrichit de son amour de mère.
Ce sont ses tripes qui se préparent à protéger ce petit enfant.
C’est tout ce qu’elle a imaginé qui va être passé au rouleau compresseur de la réalité, de la vraie vie.

Ce sont tous ses doutes qui ressurgissent…

Et, oui, c’est aussi son bassin qui bouge et s’ouvre et c’est son bébé qui traverse un passage sinueux pour venir respirer avec nous.

Voilà pourquoi se préparer à la naissance me semble très important (d’un point de vue physique et psychique) et pourquoi s’entourer des personnes qui permettront à la mère de passer au travers de tout ce que j’ai énuméré plus haut pour donner la vie à son enfant, elle-même, est primordial.

Alors, choisissez votre doula et… que la naissance soit!

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Parce qu’une doula n’a pas d’attente…

Vaste sujet car, malgré mon titre, je doute qu’une doula n’ait aucune attente (il me semble qu’elle espère au moins que ses clients aient une expérience d’accouchement/ de naissance heureuse).

Vendredi dernier, j’expliquais à des doulas avec qui je suivais une formation sur l’AVAC qu’une chose avait été très importante lors de ma propre expérience d’accouchement accompagnée d’une doula: j’avais eu le sentiment, voire même la certitude (et ça m’avait un peu déstabilisée) que mon accompagnante n’avait aucune « préférence ». Je m’explique:

Lorsque, de retour chez moi après une version externe infructueuse pour essayer de faire tourner mon bébé, je décide qu’une césarienne non programmée me stresse moins qu’un éventuel accouchement par voie basse à Ste-Justine (à 1h30 de chez moi), je le pense sincèrement. J’appelle donc ma doula pour lui expliquer que, à 37 semaines, c’est trop de « et si » pour moi que de:

-contacter Se-Justine,

– attendre un rendez-vous pour poser toutes nos questions,

– ensuite, passer une pelvimétrie et faire évaluer le poids du bébé,

-attendre le verdict (à savoir si je peux accoucher d’un bébé en siège et ne pas devoir partir en césarienne d’office),

– et enfin (je n’ai toujours pas accouché là !) décider avec mon cœur et mon conjoint si on décide de « tenter notre chance » pour un accouchement par voie basse; car, dans ce contexte, on parle bien d’un « essai de travail ou EDT » et non d’un accouchement, tout simplement.

– Tout ceci alors que mon bébé n’est pas fixé, qu’il est encore haut et donc… qu’il peut se retourner, ou basculer et rester en transverse (ce qui exclu toute possibilité d’accouchement), ou encore qu’il peut décider de relever la tête et donc d’être en moins bonne position pour que l’on accepte que je fasse un « EDT ».

– Car, de toutes façons, lorsque l’on décide un EDT pour un bébé en siège, ce n’est QUE le jour de l’accouchement que l’on va savoir si l’on peut, oui ou non « tenter » d’accoucher vaginalement; en effet, on doit passer une écho de contrôle une fois arrivée à l’hôpital en travail pour vérifier la position du bébé.
Pour en revenir à notre sujet (je sais, c’est long tout ça, mais, c’est par cela qu’il faut passer quand on est en fin de grossesse à 37 semaines et qu’on veut se donner le choix), j’explique donc tout ça à mon accompagnante et lui dis que j’ai décidé (avec mon conjoint) d’attendre que mon travail commence et de me présenter à mon hôpital régional pour une césarienne.

Sur ce, elle acquiesce et c’est tout, elle ne me pousse pas, dans ces propos, à RE réfléchir. Elle m’écoute et est tout à fait d’accord avec moi (elle me dit qu’elle est d’accord avec moi, pas avec ma décision…nuance, hein?!) que tout ça c’est beaucoup de stress, d’incertitude (surtout quand ça fait plusieurs semaines déjà que tu espères que ton bébé va tourner, que tu as été voir l’ostéopathe, l’acuponcteur, que tu as mis les pieds en l’air des heures durant chaque jour, etc. pour RIEN). Donc, je raccroche et suis calme et sereine.

Le lendemain (ça va vite, hein, pour celles qui ont été enceintes, vous voyez de quoi je parle), tout a changé:

« Je ne veux pas qu’on m’ouvre le ventre, c’est hors de question.

Et ils me font c… avec leur ESSAI de travail; Comment ça je ne pourrai qu’essayer et ne pas réussir, hein?

Je VEUX accoucher et je sais que mon corps saura quoi faire. C’est décidé, j’appelle Ste-Justine. »

J’appelle ma doula et je lui dis ce qui précède. « Très bien », me dit-elle.

….et là, je ne comprends plus, comment ça hier elle était ok pour une césarienne et aujourd’hui elle trouve ça bien un accouchement à Ste-Justine ???
A ce moment, je comprends que ce n’est pas à la doula de « dicter » quoi faire aux parents, mais bien aux parents de décider et à l’accompagnante de les suivre dans leur choix. Elle peut les informer, répondre à leurs questions, alimenter leur réflexion, mais la décision leur appartient, quelle qu’elle soit (à elle de se débrouiller pour se rendre là où ils veulent aller, en pleine tempête de neige, s’il le faut!!).

Bien sûr que ce n’est pas elle qui va accoucher, que nous sommes libres de notre choix, etc. mais, là, concrètement, j’étais fragile et n’importe qui aurait pu faire basculer la balance dans le sens qui lui convenait; j’étais un peu « perdue », mais, grâce à cette ouverture et cette confiance en moi de ma doula, j’ai pu entendre cette timide petite voix en moi qui me soufflait à l’oreille: « T’es capable d’accoucher, détends-toi, fais ce qu’il faut pour te préparer au mieux, et vas-y ! »

Et alors là, c’est à ce moment-là que j’ai pris ma décision (toujours avec mon conjoint) et que plus rien n’aurait pu me faire reculer, pas même leur bon dieu d’essai de travail à la noix (expression que je n’ai d’ailleurs jamais utilisée, sauf dans cet article, j’ai toujours dit que j’allais accoucher).

Le rendez-vous a été pris à Ste-Justine une semaine plus tard, à 38 semaines, on a même pu passer l’écho et la pelvimétrie le jour même, le lendemain, on savait après l’appel du médecin que tout était ok, que j’étais une « candidate » parfaite.

Le jour de mes 39 semaines, au rendez-vous hebdomadaire, mon conjoint et moi posons toutes nos questions pour adapter notre plan de naissance en accord avec notre médecin et en lien avec les contraintes d’un accouchement d’un bébé en siège. On était prêts !!!

Trois jours plus tard, le travail démarrait et j’accouchais de ma fille sans épidurale, sans analgésique, au bloc opératoire, mais pas dans la douleur et, surtout, entourée de tout l’amour de mon homme et ma doula !

Pour finir sur ce rôle, cette place, si subtils de la doula auprès des couples: pendant que j’accouchais, au plus fort de cette expérience, j’ai pensé « Et si on me faisait une césarienne, là, maintenant, tout de suite, ce serait bien plus rapide … »
Mais, je ne l’ai pas dit car, en fait, je ne le voulais pas, c’était juste un échappatoire mental. Mais, c’est MOI qui ne le voulais pas; pas une seule seconde je n’ai pensé « Que va dire ou penser de moi ma doula si je demande une épidurale/ une césarienne, ou quoi que ce soit d’autre? »

Tout ça parce que tout au long de nos échanges pendant ma grossesse elle avait toujours fait avec ce que JE voulais, ce que JE pensais et n’avait jamais essayé de m’influencer. En cela, je la remercie du fond du cœur, cela fait en sorte, avec d’autres éléments, que j’ai le sentiment d’avoir pleinement accouché.

Crédit dessins: http://dessintraitdunion.net/dessineraujourlejour/?p=480

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Accoucher…ou comment toucher sa plénitude

Il y a quelques semaines, j’écrivais un témoignage à mon accompagnante à la naissance, Isabelle Challut du centre Pleine lune, je vous le livre ici, en espérant que si vous êtes enceinte ou pensez l’être un jour, ceci vous inspirera.

Coucou Isabelle,

Depuis le temps que je le tourne et le retourne dans ma tête et sur papier, je savais bien qu’il finirait par sortir, alors… le voilà, mon « témoignage ». Après avoir commencé différentes versions et me perdant chaque fois dans des détails techniques qui me faisaient m’arrêter net… il m’aura fallu plusieurs longs mois pour en arriver à formuler ce en quoi accoucher a transformé ma vie. Je ne saurai jamais comment te remercier de m’avoir accompagnée tout au long de cette période si spéciale dans la vie d’une femme qui ne se compte ni en mois, ni en semaines, qui ne se compte pas, mais se conte, dans ces moments si précieux que sont les rencontres entre femmes. Ce que j’ai vécu n’aura plus jamais lieu : j’ai donné naissance à ma fille. Peut-être sera-t-elle ma fille aînée, mais, que j’aie encore mille enfants, jamais je ne revivrai la même chose, car tout a changé pour moi, je ne suis plus la même tout en étant moi-même. Accoucher est venu confirmer ce en quoi je croyais, ce que je touchais du bout des doigts pendant ma grossesse. Mon corps est mon allié, il SAIT des choses que je ne sais pas. Il a donné la vie à ma fille, née en pleine santé. Mon corps n’a pas tué cet enfant, ne nous a pas fait de mal ; bien au contraire, il nous a permis de nous rencontrer, elle et moi, et de me rencontrer moi-même dans cette matérialité physique qui est la mienne.

Enceinte, j’avais confiance qu’à l’heure dite mon utérus saurait quoi faire. Le sentir, le vivre, m’a propulsée dans une nouvelle dimension de mon être : ma tête ignore bien des choses que mon corps maîtrise et que mon cœur soupçonne et me chuchote à l’oreille. J’ai adoré accoucher, jamais je n’avais ressenti une telle intensité dans mon être, intensité qui a envahi mon esprit, je ne faisais plus qu’une, pour la première fois de ma vie. L’empreinte que ce moment (qui a duré une seconde et mille ans en même temps) a laissée en moi est à jamais présente, c’est mon phare dans la tempête et par temps calme, mon plus fidèle allié, la jonction entre l’avant et le maintenant qui je chéris chaque jour. La femme que je suis a touché à sa plénitude, son entièreté. Comme si, jusque-là, j’avais une face cachée, telle celle de la lune. Maintenant, je crois connaître tous les aspects de moi-même et ça m’apporte une confiance et une solidité que je n’avais jamais ressenties. Cette assurance nouvelle me permet d’être entièrement à l’écoute de mon intuition (féminine ou maternelle ou bien, est-ce la même ?!) ce qui m’apporte tout un panel de possible et m’ouvre à des horizons insoupçonnés. Tu as été là pendant l’événement « accouchement », la période grossesse, tu es là régulièrement auprès de moi, de nous, cette nouvelle et jeune famille. Ton écoute douce et tes conseils avisés sont sans pareil, merci à toi d’être notre accompagnante. Si tu veux un jour un récit d’accouchement d’un bébé par le siège, je te l’écrirai, mais, aujourd’hui, c’est plutôt ce qu’a fait résonner en moi le fait de mettre au monde la vie que j’avais envie de t’écrire et de partager.

Et vous, est-ce que porter un enfant, accoucher ou même adopter un enfant vous a transformée? J’aimerais bien vous lire mesdames 😉

A la prochaine

PS: la photo a été prise par une photographe, Isabelle Blais.