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Comment je suis passée de la méfiance à la confiance en mon corps.

De lecture en discussion, de rencontre en découverte, force est de constater que l’on ne nous fait pas confiance et que nous ne nous faisons pas (assez) confiance.  J’aimerais rester dans les sphères de l’accouchement et du maternage, celles qui occupent mon quotidien depuis presque 3 ans maintenant, et sûrement encore pour longtemps 😉 Je vais même, dans ce billet, n’aborder presque que la question de l’accouchement… je me relis et c’est déjà bien assez long comme ça 😉

La maternité m’a amenée à avoir une vision beaucoup plus intérieure, plus physique, plus dans le senti des choses, des événements, de la vie en général.

Porter la vie, mettre au monde un enfant, alimenter mon bébé de mon lait, tout ceci m’a amenée dans un territoire parfaitement inconnu (ou presque) jusque-là pour moi : mon corps. Et je dirais même plus : mon corps dans toute sa perfection, dans toute sa splendeur ! Parce que, oui, mon corps est devenu mon meilleur ami, mon meilleur allié.

Pour être passée pas 9 années de boulimie, je pensais connaître mon corps, d’ailleurs, je le connaissais tellement bien que je m’en méfiais, il n’était (et ne serait jamais) comme je le voulais, comme je le fantasmais ; mais bon, il fallait bien que je fasse avec. Je m’étais, en quelque sorte, résolue à, au moins, le respecter, à arrêter de lui faire du mal (et donc de ME faire du mal). Mais, de là à le considérer, à l’admirer, fallait pas exagérer !

Puis, je suis tombée enceinte, une belle grossesse, non sans quelques passages inquiétants (des gros saignements en début de grossesse et une fin de grossesse avec un bébé en siège, j’en parle ici), mais, j’ai aimé ça porter la vie en moi.

L’accouchement a été un tournant décisif dans ma vie : c’est ce jour-là que j’ai dû « capituler », « enterrer la hache de guerre », l’allaitement n’est venu, par la suite,  que confirmer ceci : mon corps est mon meilleur ami, il sait faire tellement de choses magnifiques et qui marchent que Moi (Aurélie, la fille intelligente  à l’ego démesuré, qui a fait des études, a le sens de l’humour, réfléchit, explique, rationnalise, analyse, etc.) ne sait absolument pas faire !! Et oui, s’il avait fallut que j’accouche avec toutes mes connaissances apprises (et je suis accompagnante à la naissance) et bien, ça aurait été un fiasco, le plus bel échec de ma vie sûrement. Heureusement, mon corps a été assez fort, a su s’affirmer et se frayer le chemin en Moi pour faire son travail et le faire tellement bien que je n’en reviens encore tout simplement pas 23 mois plus tard ! D’ailleurs, pendant mon « travail », le moment où mon mental a repris le dessus, j’ai arrêté de dilater… C’est simple j’vous dis, ça aurait été un fiasco cet accouchement si j’avais laissé ma tête contrôler.

Je pense que je partais quand même avec un bon point (pour cela, merci maman !) : je n’avais pas peur d’accoucher. J’avais vu, comme vous sûrement, des scènes de films (d’horreur) où la femme qui accouche a quasiment l’air de frôler la mort, la fièvre, elle sue à grosses gouttes et hurle… Mais, au fond de moi, revenaient toujours les paroles de ma mère concernant ses 3 accouchements (naturels, je suis d’ailleurs née en postérieur avec 2 tours de cordons) : « Mais, ça ne fait pas mal d’accoucher, ce n’est pas vrai. D’ailleurs, disait-elle souvent, à mon époque on parlait du mal joli en parlant des douleurs de l’accouchement ».

Donc, je n’appréhendais pas cette douleur de l’accouchement comme d’autres, ça, j’ai conscience que ça m’a aidée ! Mais quand même, mon mental hyperactif en a pris un coup ce jour-là, il n’a pu que constater (rétrospectivement, bien sûr) qu’il n’avait pas sa place dans une salle d’accouchement !

J’aurais pu refuser de laisser faire mon corps, vous me direz, oui, j’aurais pu. Mais, lorsque LA contration est arrivée (vous savez, celle dont on vous dit « tu verras, tu sauras quand ce sera le moment !!), j’ai paniqué.

J’ai bondi hors de mon lit, je me suis retrouvée dans ma chambre, hébétée, perdue, me demandant ce qui m’arrivait, ce que je devais faire, etc. et Oh mon Dieu que j’avais mal !!! Mais là, vu que je ne savais pas quoi faire, je me suis dit « ma vieille, tu ne sais pas quoi faire parce qu’il n’y a qu’à laisser faire ; ton corps connaît son travail, toi, le tien c’est de le laisser le faire. » Un peu comme s’il y avait Aurélie et, à côté, son corps… bon, et bien, je ne vous raconterai pas mon accouchement, mais, vraiment, je peux vous assurer que toutes mes cellules ont fait leur travail avec merveille, et sans que j’intervienne !!

Comme je le disais plus haut, l’allaitement est venu confirmer ce que je commençais à penser : mon corps est savant, il m’enrichit de toutes ses ressources que moi, avec mon cerveau intelligent, je n’ai pas ! Imaginez-vous que j’ai nourri mon bébé pendant 6 mois, 6 mois pendant lesquels ma fille n’a eu besoin d’aucune autre forme de nourriture, non mais, c’est MA-LA-DE :  mon corps a fait ça, je n’en reviens encore toujours pas ! Et je vous passe tous les autres bienfaits de l’allaitement, ce billet serait bien trop long.

Bref, les filles, votre corps est une merveille, comme vous il n’est pas parfait, mais, si on a bien un allié, c’est bien lui. Alors, redonnons-lui la place qu’il mérite, chouchoutons-le, écoutons-le et, surtout, quand on accouche : laissons-le faire !

 

PS: j’ai bien conscience que nous vivons toutes nos accouchements très différemment, tout comme notre relation à notre corps est propre à chacune.. je suis curieuse de vous lire à ce sujet !

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Masser son bébé, plus qu’une technique

Je reviens de 4 jours passés à Montréal, au centre La Source en Soi, où j’ai participé à une formation pour devenir instructrice certifiée en massage pour bébé de l’IAIM (International Association of Infant Massage). Mon processus de formation est en cours et mon stage pratique début sous peu, à Ste-Agathe.

Ce cours vidéo explique rapidement les bienfaits du massage pour les bébés.

Même si j’avais suivi le cours en tant que maman, cette formation m’a nourrie, m’a ouvert les yeux et m’a outillée. Ces outils, ces prises de conscience, elles ont d’abord touché la mère en moi avant l’instructrice. Comme j’en avais parlé plus tôt dans un billet,  l’IAIM ne forme pas seulement à une technique de massage, mais bien à accueillir la dyade  parent-bébé, à favoriser l’établissement d’un lien d’attachement fort et unique entre eux et de montrer au parent combien il est compétent et la meilleure personne au monde pour prendre soin de son petit.

Dans notre monde où l’on sait tout sur tout (mais où personne ne sait plus rien s’il n’a pas fait une formation, un doctorat, etc. sur n’importe quel sujet qui soit, et qui va se tourner vers les experts), s’il y a bien une personne qui connaît et est à même de comprendre son bébé, c’est bien la mère ou le père de celui-ci ! Alors, bien sûr, l’instinct occupe une grande place dans la relation que l’on établit, qui s’établit devrais-je même dire, entre nous et nos bébés, et cet instinct, et bien, il est difficile de l’expliquer, le prouve scientifiquement.

L’IAIM forme des instructeurs qui placent les parents comme les experts de leurs bébés pour que les bébés se sentent compris et écoutés pour ce qu’ils disent et ce qu’ils sont. L’instructeur, lui, favorise, accueille et redonne leur pouvoir aux parents!

Je tiens à remercier toutes les belles femmes qui étaient présentes à la formation avec une mention toute spéciale à Françoise Lefebvre qui est une formatrice exceptionnelle, une de ces personnes qui met en pratique ce qu’elle enseigne; un bel exemple à suivre !

J’ai bien l’intention d’ouvrir de tels espaces de partages pour les parents et bébés de un an ou moins et  aux parents et enfants à besoins particuliers (jusqu’à 7 ans) dans les Laurentides. Je pense offrir ces ateliers à l’automne à St-Jérôme, Ste-Adèle et Mont-Tremblant… plus de détails à venir.

 

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Masser son bébé, ah oui?

On entend de plus en plus parler du massage pour bébé, et c’est tant mieux!

Je me prépare à suivre une formation pour être instructeur en massage pour bébé en juin 2013.. j’ai très hâte !!

Enceinte, j’ai lu le livre de Vimala Mc Clure « Le massage des bébés », la bible du massage pour bébé à mon sens. J’ai tellement aimé ce livre que j’ai suivi un atelier par un instructeur certifié AIMB pour apprendre à masser ma fille. J’ai ainsi pu prendre confiance en mes capacités de masseuse de bébé et, elle, a  pu profiter d’une maman moins stressée à l’idée de ne pas faire quelque chose de « pas correct ». 😉

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Cela étant dit, c’est l’approche de Vimala (et de l’Association Internationale de Massage pour Bébé dont elle est à l’origine) qui m’a touchée.

Parce qu’on peut masser son bébé et…masser son bébé.

Je m’explique:

La philosophie de l’AIMB dépasse la simple méthode, c’est une approche beaucoup plus large qui englobe l’écoute du bébé, la disponibilité du parent, la particularité de chaque situation… L’AIMB pousse les parents à se faire confiance et les conforte dans l’intuition qu’ils peuvent avoir de leur enfant, à savoir: mon bébé préfère être massé à tel ou tel moment, en ce moment, il préfère les massages du dos, etc. Tout en donnant des conseils, cette approche explique que c’est le couple bébé-parent qui, parce qu’il est unique, sait ce qui est le mieux pour lui. Le livre donne donc les mouvements techniques à faire pour masser telle et telle partie du corps du bébé, il donne aussi les techniques de massage en cas de coliques, mais il aborde la relation du toucher dans son ensemble, et, cela me semble tout aussi intéressant et important que l’aspect technique pur et simple.

Différents cas de figure sont également présentés dans cet ouvrage qui met l’emphase, à raison, sur le peau-à-peau: les enfants nés prématurément, les enfants qui ont une maladie, etc.

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Masser son bébé, c’est donner encore plus de chances au lien d’attachement de se sceller dans des conditions idéales, c’est apprendre à se réserver des moments privilégiés avec un deuxième ou troisième enfant quand la vie quotidienne de la famille prend beaucoup de place et laisse peu de temps à des moments à deux avec bébé.

Masser son bébé, c’est aussi avoir un terrain de confiance et la possibilité, quand bébé est devenu grand, de se retrouver autour du massage et de délier les langues, discuter de choses importantes l’air de rien…

Bref, le massage a de nombreux bénéfices pour toute la famille, alors, n’hésitez pas et explorez !

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Petit parallèle entre l’enfant et la femme qui accouche

Mercredi passé, lors d’un des mercredis de Pleine lune, j’assistais à une rencontre avec Joël Monzée de l’Institut du développement de l’enfant et de la famille (IDEF). La thématique « Soutenir et accompagner nos enfants au quotidien » avait de quoi m’intéresser…jeune maman, je me pose mille et une questions et suis à l’affût, non pas de recettes toutes faites (quoique, des fois oui!), mais bien d’information, de connaissances pour mieux comprendre et ainsi pouvoir prendre des décisions, guider ma fille et…négocier avec mon conjoint ;-).

BebTOmbeDans les notes que j’ai prises durant cette riche matinée, je retiens que l’enfant a deux besoins fondamentaux qui sont: le besoin d’être en lien et le besoin de se réaliser (c’est-à-dire le besoin de se séparer)…ça pourrait paraître contradictoire, mais, dans la pratique c’est déjà ce que j’observe chez ma fille: elle a besoin de nous pour tout un tas de choses tout en ayant besoin de faire ses propres expériences par elle-même. Et je suis intimement convaincue que si elle doutait de notre disponibilité, de la confiance que l’on a en elle, elle serait moins assurée, plus timide à s’essayer, à tenter de nouvelles choses, de peur de tomber et de n’avoir personne pour la rattraper, la consoler, la rassurer.

Et bien, la femme qui accouche a, me semble-t-il, ces mêmes besoins fondamentaux: elle a besoin de se sentir en lien, de ne pas se sentir seule ni abandonnée afin de pouvoir accoucher par elle-même, selon ce que son instinct, son intuition lui dictent comme position/respiration, sensation, etc. Tout le défi pour l’entourage d’une femme en travail, c’est bien d’être là, confiant, tout en la laissant faire, tout en lui laissant la possibilité d’accoucher. On le dit, j’en ai parlé dans ma recherche, la femme qui accouche a besoin de se sentir en sécurité pour libérer les hormones nécessaires à l’accouchement. Or, pour se sentir en sécurité, rien de tel qu’une personne aimante et qui a confiance en les capacités de la mère à mettre au monde son enfant. Cette personne peut être le conjoint, mais peut aussi être une femme qu’elle connaît et qui la connaît, qui a elle-même accouché et pourra être son piller/ son phare pendant les moments les plus intenses où la confiance peut flancher, la peur peut surgir, etc.

Sculpture de Christian Borsotti

Sculpture de Christian Borsotti

Ainsi, ce lien est nécessaire à la parturiente tout autant que le besoin de celle-ci d’être libre. Libre de ses mouvements, libre de respirer comme elle le sent, de boire/manger, libre de parler, chanter, crier, mugir, vibrer, transpirer, rire, etc. Libre pour réaliser ce que personne d’autre ne peut mieux faire qu’elle dans ce moment de sa vie de femme: celui où elle va devenir la mère du bébé qui arrive. En mettant au monde son bébé, en donnant la vie, la femme qui accouche s’enrichit d’une expérience, d’une compétence que personne ne pourra lui reprendre. Elle continue d’ajouter à son panel déjà riche de savoirs, savoirs-être et savoirs-faire une expérience nouvelle et unique qui ne pourra que la conforter dans son instinct: elle a pu porter et mettre au monde son enfant, elle le connaît mieux que quiconque et a toutes les « compétences » pour prendre soin de lui et l’élever.

Ainsi, assurons à nos enfants une relation saine qui leur permettra de s’envoler confiants qu’on est là pour eux en cas de besoin,de la même façon qu’il est de notre devoir, en tant que société, d’entourer nos futures mamans d’assez de confiance en leur capacité de mettre au monde leur enfant pour qu’elles puissent le faire comme elles le sentent, comme elles savent si bien le faire depuis la nuit des temps.

PS: Joël Monzée offre un atelier d’une journée « Soutenir le développement de nos enfants » qui risque bien d’être fort instructif !

sculpture: http://www.artabus.com/borsotti/accouchement

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Parce qu’une doula n’a pas d’attente…

Vaste sujet car, malgré mon titre, je doute qu’une doula n’ait aucune attente (il me semble qu’elle espère au moins que ses clients aient une expérience d’accouchement/ de naissance heureuse).

Vendredi dernier, j’expliquais à des doulas avec qui je suivais une formation sur l’AVAC qu’une chose avait été très importante lors de ma propre expérience d’accouchement accompagnée d’une doula: j’avais eu le sentiment, voire même la certitude (et ça m’avait un peu déstabilisée) que mon accompagnante n’avait aucune « préférence ». Je m’explique:

Lorsque, de retour chez moi après une version externe infructueuse pour essayer de faire tourner mon bébé, je décide qu’une césarienne non programmée me stresse moins qu’un éventuel accouchement par voie basse à Ste-Justine (à 1h30 de chez moi), je le pense sincèrement. J’appelle donc ma doula pour lui expliquer que, à 37 semaines, c’est trop de « et si » pour moi que de:

-contacter Se-Justine,

– attendre un rendez-vous pour poser toutes nos questions,

– ensuite, passer une pelvimétrie et faire évaluer le poids du bébé,

-attendre le verdict (à savoir si je peux accoucher d’un bébé en siège et ne pas devoir partir en césarienne d’office),

– et enfin (je n’ai toujours pas accouché là !) décider avec mon cœur et mon conjoint si on décide de « tenter notre chance » pour un accouchement par voie basse; car, dans ce contexte, on parle bien d’un « essai de travail ou EDT » et non d’un accouchement, tout simplement.

– Tout ceci alors que mon bébé n’est pas fixé, qu’il est encore haut et donc… qu’il peut se retourner, ou basculer et rester en transverse (ce qui exclu toute possibilité d’accouchement), ou encore qu’il peut décider de relever la tête et donc d’être en moins bonne position pour que l’on accepte que je fasse un « EDT ».

– Car, de toutes façons, lorsque l’on décide un EDT pour un bébé en siège, ce n’est QUE le jour de l’accouchement que l’on va savoir si l’on peut, oui ou non « tenter » d’accoucher vaginalement; en effet, on doit passer une écho de contrôle une fois arrivée à l’hôpital en travail pour vérifier la position du bébé.
Pour en revenir à notre sujet (je sais, c’est long tout ça, mais, c’est par cela qu’il faut passer quand on est en fin de grossesse à 37 semaines et qu’on veut se donner le choix), j’explique donc tout ça à mon accompagnante et lui dis que j’ai décidé (avec mon conjoint) d’attendre que mon travail commence et de me présenter à mon hôpital régional pour une césarienne.

Sur ce, elle acquiesce et c’est tout, elle ne me pousse pas, dans ces propos, à RE réfléchir. Elle m’écoute et est tout à fait d’accord avec moi (elle me dit qu’elle est d’accord avec moi, pas avec ma décision…nuance, hein?!) que tout ça c’est beaucoup de stress, d’incertitude (surtout quand ça fait plusieurs semaines déjà que tu espères que ton bébé va tourner, que tu as été voir l’ostéopathe, l’acuponcteur, que tu as mis les pieds en l’air des heures durant chaque jour, etc. pour RIEN). Donc, je raccroche et suis calme et sereine.

Le lendemain (ça va vite, hein, pour celles qui ont été enceintes, vous voyez de quoi je parle), tout a changé:

« Je ne veux pas qu’on m’ouvre le ventre, c’est hors de question.

Et ils me font c… avec leur ESSAI de travail; Comment ça je ne pourrai qu’essayer et ne pas réussir, hein?

Je VEUX accoucher et je sais que mon corps saura quoi faire. C’est décidé, j’appelle Ste-Justine. »

J’appelle ma doula et je lui dis ce qui précède. « Très bien », me dit-elle.

….et là, je ne comprends plus, comment ça hier elle était ok pour une césarienne et aujourd’hui elle trouve ça bien un accouchement à Ste-Justine ???
A ce moment, je comprends que ce n’est pas à la doula de « dicter » quoi faire aux parents, mais bien aux parents de décider et à l’accompagnante de les suivre dans leur choix. Elle peut les informer, répondre à leurs questions, alimenter leur réflexion, mais la décision leur appartient, quelle qu’elle soit (à elle de se débrouiller pour se rendre là où ils veulent aller, en pleine tempête de neige, s’il le faut!!).

Bien sûr que ce n’est pas elle qui va accoucher, que nous sommes libres de notre choix, etc. mais, là, concrètement, j’étais fragile et n’importe qui aurait pu faire basculer la balance dans le sens qui lui convenait; j’étais un peu « perdue », mais, grâce à cette ouverture et cette confiance en moi de ma doula, j’ai pu entendre cette timide petite voix en moi qui me soufflait à l’oreille: « T’es capable d’accoucher, détends-toi, fais ce qu’il faut pour te préparer au mieux, et vas-y ! »

Et alors là, c’est à ce moment-là que j’ai pris ma décision (toujours avec mon conjoint) et que plus rien n’aurait pu me faire reculer, pas même leur bon dieu d’essai de travail à la noix (expression que je n’ai d’ailleurs jamais utilisée, sauf dans cet article, j’ai toujours dit que j’allais accoucher).

Le rendez-vous a été pris à Ste-Justine une semaine plus tard, à 38 semaines, on a même pu passer l’écho et la pelvimétrie le jour même, le lendemain, on savait après l’appel du médecin que tout était ok, que j’étais une « candidate » parfaite.

Le jour de mes 39 semaines, au rendez-vous hebdomadaire, mon conjoint et moi posons toutes nos questions pour adapter notre plan de naissance en accord avec notre médecin et en lien avec les contraintes d’un accouchement d’un bébé en siège. On était prêts !!!

Trois jours plus tard, le travail démarrait et j’accouchais de ma fille sans épidurale, sans analgésique, au bloc opératoire, mais pas dans la douleur et, surtout, entourée de tout l’amour de mon homme et ma doula !

Pour finir sur ce rôle, cette place, si subtils de la doula auprès des couples: pendant que j’accouchais, au plus fort de cette expérience, j’ai pensé « Et si on me faisait une césarienne, là, maintenant, tout de suite, ce serait bien plus rapide … »
Mais, je ne l’ai pas dit car, en fait, je ne le voulais pas, c’était juste un échappatoire mental. Mais, c’est MOI qui ne le voulais pas; pas une seule seconde je n’ai pensé « Que va dire ou penser de moi ma doula si je demande une épidurale/ une césarienne, ou quoi que ce soit d’autre? »

Tout ça parce que tout au long de nos échanges pendant ma grossesse elle avait toujours fait avec ce que JE voulais, ce que JE pensais et n’avait jamais essayé de m’influencer. En cela, je la remercie du fond du cœur, cela fait en sorte, avec d’autres éléments, que j’ai le sentiment d’avoir pleinement accouché.

Crédit dessins: http://dessintraitdunion.net/dessineraujourlejour/?p=480

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Accoucher…ou comment toucher sa plénitude

Il y a quelques semaines, j’écrivais un témoignage à mon accompagnante à la naissance, Isabelle Challut du centre Pleine lune, je vous le livre ici, en espérant que si vous êtes enceinte ou pensez l’être un jour, ceci vous inspirera.

Coucou Isabelle,

Depuis le temps que je le tourne et le retourne dans ma tête et sur papier, je savais bien qu’il finirait par sortir, alors… le voilà, mon « témoignage ». Après avoir commencé différentes versions et me perdant chaque fois dans des détails techniques qui me faisaient m’arrêter net… il m’aura fallu plusieurs longs mois pour en arriver à formuler ce en quoi accoucher a transformé ma vie. Je ne saurai jamais comment te remercier de m’avoir accompagnée tout au long de cette période si spéciale dans la vie d’une femme qui ne se compte ni en mois, ni en semaines, qui ne se compte pas, mais se conte, dans ces moments si précieux que sont les rencontres entre femmes. Ce que j’ai vécu n’aura plus jamais lieu : j’ai donné naissance à ma fille. Peut-être sera-t-elle ma fille aînée, mais, que j’aie encore mille enfants, jamais je ne revivrai la même chose, car tout a changé pour moi, je ne suis plus la même tout en étant moi-même. Accoucher est venu confirmer ce en quoi je croyais, ce que je touchais du bout des doigts pendant ma grossesse. Mon corps est mon allié, il SAIT des choses que je ne sais pas. Il a donné la vie à ma fille, née en pleine santé. Mon corps n’a pas tué cet enfant, ne nous a pas fait de mal ; bien au contraire, il nous a permis de nous rencontrer, elle et moi, et de me rencontrer moi-même dans cette matérialité physique qui est la mienne.

Enceinte, j’avais confiance qu’à l’heure dite mon utérus saurait quoi faire. Le sentir, le vivre, m’a propulsée dans une nouvelle dimension de mon être : ma tête ignore bien des choses que mon corps maîtrise et que mon cœur soupçonne et me chuchote à l’oreille. J’ai adoré accoucher, jamais je n’avais ressenti une telle intensité dans mon être, intensité qui a envahi mon esprit, je ne faisais plus qu’une, pour la première fois de ma vie. L’empreinte que ce moment (qui a duré une seconde et mille ans en même temps) a laissée en moi est à jamais présente, c’est mon phare dans la tempête et par temps calme, mon plus fidèle allié, la jonction entre l’avant et le maintenant qui je chéris chaque jour. La femme que je suis a touché à sa plénitude, son entièreté. Comme si, jusque-là, j’avais une face cachée, telle celle de la lune. Maintenant, je crois connaître tous les aspects de moi-même et ça m’apporte une confiance et une solidité que je n’avais jamais ressenties. Cette assurance nouvelle me permet d’être entièrement à l’écoute de mon intuition (féminine ou maternelle ou bien, est-ce la même ?!) ce qui m’apporte tout un panel de possible et m’ouvre à des horizons insoupçonnés. Tu as été là pendant l’événement « accouchement », la période grossesse, tu es là régulièrement auprès de moi, de nous, cette nouvelle et jeune famille. Ton écoute douce et tes conseils avisés sont sans pareil, merci à toi d’être notre accompagnante. Si tu veux un jour un récit d’accouchement d’un bébé par le siège, je te l’écrirai, mais, aujourd’hui, c’est plutôt ce qu’a fait résonner en moi le fait de mettre au monde la vie que j’avais envie de t’écrire et de partager.

Et vous, est-ce que porter un enfant, accoucher ou même adopter un enfant vous a transformée? J’aimerais bien vous lire mesdames 😉

A la prochaine

PS: la photo a été prise par une photographe, Isabelle Blais.

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La doula, gardienne de l’instinct maternel

Dans le cadre de la formation d’accompagnante à la naissance que j’ai suivie l’automne passé, à la suite des cours il est demandé à chacune de présenter un travail de recherche et également de faire un stage (un accompagnement supervisé par Isabelle Challut). Je n’ai pas encore pu faire de stage (étant en fin de grossesse et désormais bien occupée avec ma petite), mais j’avais présenté une synthèse de mes lectures et de tout ce que j’avais appris et compris concernant l’accompagnement et la place des doulas.Aujourd’hui, après avoir vécu mon propre accouchement et avoir vu mon accompagnante à l’œuvre, rien de majeur ne serait à changer, j’en ai simplement encore plus à dire;-)

Ainsi, je vais vous livrer par bribes le fruit cette réflexion- réflexion qui m’a permis de pouvoir mieux me définir lorsque je rencontrerai des couples à accompagner.

Pour moi, l’accompagnante à la naissance, ou doula, est la présence gardienne de l’instinct maternel. Grâce à elle, l’intuition, la confiance en soi de la future/nouvelle maman peuvent occuper la place qui leur revient et ainsi, assurer le meilleur terreau pour que les choses se déroulent pour le mieux.

Je vous livre ici la « préface » de mon travail de recherche, en vous souhaitant une bonne lecture!

 

Dans notre société dénaturée où le mental a toute la place et où le scientifiquement prouvé est gage de sécurité, de crédibilité et d’infaillibilité, peu ou pas de place est donnée à l’intuition, l’instinct, le je le sais, mais je ne sais pas pourquoi, ni comment.

À l’ère des spécialistes en tout et n’importe quoi, l’individu commence par avoir l’impression qu’il ne peut pas tout savoir (ce qui est juste), mais finit par penser qu’il ne sait rien puisqu’il n’a pas étudié tel ou tel sujet (prenons celui de la naissance, au hasard !).

Or, si l’humanité en est aujourd’hui là où elle en est, c’est bien que l’être humain a composé pendant longtemps avec le savoir empirique et en faisant confiance à son intuition.

J’ajouterai même qu’aujourd’hui avec toutes les connaissances que l’on a, notamment sur le rôle des hormones dans notre vie, on devrait justement redonner à la nature (notre chimie, dans le cas des hormones) sa juste place : celle d’un chef d’orchestre qui connaît quand même plutôt très, très bien sa partition.

Non pas que l’instinct soit « réductible » au rôle de nos hormones sur nos comportements, mais pour éviter de verser dans le discours magique, arrêtons-nous-en là pour ce présent travail.

J’ai aimé les nombreuses lectures faites ces derniers mois parce qu’elles m’ont plongée dans l’univers de la naissance physiologique. Je veux dire par là (l’expression naissance physiologique est de Michel Odent) la naissance vécue comme un événement extraordinaire et très ordinaire à la fois, un espace-temps où le mental décroche pour permettre à la nature d’occuper le terrain, son terrain – celui de la vie, pour permettre à l’unique, à l’exceptionnel d’arriver, dans toute son universalité. En effet, aucun accouchement ne se ressemble, mais la naissance a quelque chose d’universel en soi.

Que l’on se penche sur le cocktail d’hormones sécrétées pendant l’accouchement (jusqu’à l’expulsion du placenta) et l’allaitement, ou bien sur les besoins de la femme qui accouche, sur ceux du nouveau-né et du bébé, il apparaît évident que les discours ambiants et les gestes préconisés dans notre société industrialisée vont, pour la plupart, à l’encontre de ces besoins, voire empêchent des processus millénaires d’avoir lieu. Faut-il préciser que ces processus concernent la survie de l’espèce humaine ?

Et alors, c’est là qu’arrive l’accompagnante à la naissance, ou doula, et le rôle important qu’elle a à jouer, selon moi, dans ce paysage des naissances industrialisées, instrumentalisées. Je ne parlerai pas des maisons de naissances où exercent les sages-femmes au Québec, je m’en tiendrai au contexte hospitalier. De même, je suis consciente que certaines naissances (et donc des familles) profitent des avancées technologiques médicales et ne finissent pas en drame, mais je parlerai ici des grossesses dites « normales ».